Et le Vin, si on en parlait...

La dissimulation du vin...

L’article dernier, sur le cuir, a du vous surprendre quant à la désinformation du consommateur. Qui, aurait pu imaginer autant de souffrance pour nos amis les animaux derrière le cuir ?…

Et maintenant le vin…

Comme vous, moi aussi, je suis passée par ces étapes d’ignorance bien établies par les lobbyistes. Par exemple,  en allant acheter une bonne bouteille de vin bio au supermarché proche de chez moi,  j’ai vu au dos de celle-ci le logo « Vegan ». Quelle surprise!… Le vin n’est-il pas fabriqué avec du raisin, le fruit de la vigne ? J’ai donc mené mon enquête… Encore une fois je vais vous étonner en vous expliquant comment est  fabriqué le vin. Il  y a bien plus que du raisin !

La fabrication du vin...

Elle existe depuis des milliers d’années, c’est non seulement un art mais aussi une science et chaque vigneron a ses secrets. Toutefois, il devra passer par plusieurs étapes :

La vendange consiste à récolter le raisin manuellement ou mécaniquement.

Le foulage et le pressurage, les raisins sont triés, égrappés et foulés. A la suite de cela, nous obtenons un jus nommé «le moût »contenant les peaux, les graines et les débris solides.

La fermentation s’ensuit, entre six à douze heures avec l’aide des levures sauvages présentent dans l’air. Mais de nombreux vignerons ajoutent une levure élevée industriellement afin d’apporter de la consistance et un meilleur vin au final, ce qui peut durer encore dix à trente jours voir plus selon leur désidérata.

La clarification se fait après la fermentation. Cette étape consiste à retirer les résidus solides tels que les cellules de levures mortes, les tanins et les protéines. Puis le vin est « décuvé » transféré dans un autre réservoir en fût de chêne ou en acier inoxydable. Le vin peut ensuite être clarifié par collage ou filtration. Le collage est l’ajout de substances pour clarifier le vin. A cet ajout vont adhérer les particules indésirables en les entrainant au fond de la cuve. Il y a aussi la filtration faite avec un filtre pour les plus grosses particules après la clarification. Il sera de nouveau décuvé dans un nouveau réservoir. Prêt pour la mise en bouteille ou une maturation future.

La maturation et la mise en bouteille sont les deux dernières phases de la fabrication du vin.

Des substances animales bien cachées...

Effectivement, selon le site : vin-vegetalien.com, nous pouvons retrouver  200 composants différents en plus du raisin dans notre vin (résidus des produits utilisés pour le traitement de la vigne, traces des produits utilisés sur les raisins tout juste vendangés, traces des produits utilisés sur le vin lui-même pour modifier son aspect, améliorer sa conservation, produire un vin normalisé).

En Europe, les produits suivants sont autorisés sur la vendange : saccharose pour augmenter le degré d’alcool, acide tartrique pour acidifier, carbonate de calcium, tartrate de potassium, bicarbonate de potassium pour désacidifier. Pour l’aspect visuel du vin  il y a des antioxydants, des produits de collage pour assurer la clarification et la stabilisation du vin. Beaucoup de personnes ignorent les types d’ajouts dans cette étape.  Il est de tradition de clarifier le vin avec des ingrédients d’origine animale. Notamment, la gélatine produite par l’ébullition prolongée de la peau, des os de porc, de bovins ou de poissons, celle-ci est principalement utilisée pour les vins rouges ; la colle de poisson ou ichtyocolle produite à partir de la peau ou du cartilage des poissons, celle-ci est utilisée pour les vins blancs et les vins rouges ; l’albumine (blanc d’œuf) celle-ci est employée pour assouplir les vins rouges tanniques ; la caséine (protéine du lait de vache) celle-ci est utilisée pour le vin blanc ; le sang animal  adjuvant interdit depuis 1997, il était autrefois très utilisé et se retrouve donc dans les vins anciens. Nous pouvons retrouver ces produits d’origine animale dans d’autres alcools (bières, cidre, vinaigre…) puisqu’ils sont utilisés pour la clarification.

Indépendamment de cela, même si le raisin est 100% végétal et le vin vegan, la culture de la vigne peut avoir été soumise à des ajouts de substances animales sous forme d’engrais et farine d’abattoir mais ceci est encore un autre sujet… http://www.abv-france.org/

Heureusement il y a des alternatives pour la clarification...

Nous avons largement le choix pour clarifier, avec le même résultat, le vin avec des produits  qui ne proviennent pas d’animaux réduisant tous types de souffrance. La liste est non-exhaustive : la bentonite (argile minérale) ; le sol de silice (dioxyde de silicium) ; la colle de pois ou de pomme de terre (protéines végétales) ; le charbon ; l’écorce de levure ; la cellulose ou la gomme arabique seules ou en association.

Comment choisir son vin dans un mode éthique...

Ce n’est pas évident mais tout est toujours possible ! La législation française n’a pas vraiment établi de règles, il n’y aucune obligation d’indiquer  avec quels ingrédients a été faite la clarification. Mais depuis le 30 juin 2012  il devrait être mentionné l’ajout d’œuf ou de lait quant aux allergies alimentaires, cela est un indice mais reste flou. Consommer des labels bios, c’est déjà mieux. Nous ingérons moins de produits phytosanitaires, la vigne et la terre s’en portent mieux. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de produits animales (gélatine ou colle de poisson), rien ne l’interdit dans le cahier des charges. Choisir Demeter ou Nature & Progrès est déjà bien, ils favorisent la biodynamie où les interventions sur le raisin sont très limitées par rapport au cahier des charges. Le vin vegan se trouve partout : hypermarché, caviste, magasin bio, c’est la bonne nouvelle. Nous préférerons le vin dit « naturel » ou « vivant », il doit être indiqué sur la bouteille : vin ni clarifié, ni filtré. Le label « vegan » sur la   bouteille n’impose aucun contrôle chez le vigneron. Les organismes officiels de contrôle sont : EVE Vegan, VeganSociety ou V-Label. Voici,  deux sites de vente en ligne, parmi d’autres, proposant une catégorie « vin végétalien » comme http://www.meilleursvinsbio.com/ ou https://www.vinoverde.de/. Il y a aussi, créé récemment, « Vin-Végétalien.com » lancé par l’association VEGAN FRANCE.

Nous avons tous la possibilité d’agir quotidiennement, avec respect et éthique, en consommant sans souffrance animale. Prenons le temps de se renseigner quant aux fabrications et ingrédients utilisés.

Ne restons pas dans l’ignorance, apprenons et partageons nos connaissances. Chaque intention, chaque geste constituent une avancée pour notre planète, ses résidents et le bien-vivre pour tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Please enter an Access Token on the Instagram Feed plugin Settings page.